La danse contemporaine québécoise, vous connaissez ? Il y a bien sûr la chef de file, Marie Chouinard, et sa danse à la fois baroque et machinique. Il y a aussi, entre autres, le Montréalais Dave St-Pierre, qui entre danse et théâtre, met en pièces la complexité des rapports humains, notamment hommes-femmes.
Sa dernière création, présentée pour la première fois en France à la Biennale de la Danse de Lyon, n’a pas de titre, mais les intitulés des deux précédentes entrées de son répertoire annoncent la couleur au spectateur : La Pornographie des âmes, et Un peu de tendresse bordel de merde ! De son propre aveu, Dave St-Pierre tient son appétit de vivre de graves problèmes de santé – avant une greffe miraculeuse qui lui a littéralement redonné son souffle. Un sursaut de vie qui permet d’expliquer, sans doute, le style énergique de ce danseur et chorégraphe coutumier de la mise en scène de nus fortement sexués, de l’hystérie collective et du rapport très direct avec le spectateur.
En guise d’exergue à cette création 2012, le chorégraphe nous avertit qu’il s’agit d’une histoire d’amour, et nous met en garde contre la violence qui en jaillit (« Le pire de cette rencontre inévitable entre deux êtres serait de vivre la violence subite d'un coup de foudre et de tomber fatalement et éperdument amoureux… et en mourir d'envie à vouloir en crever »), la souffrance qui en résulte (« J'ai mal, je suis ému, je suis perdu, je suis dans sa peau, dans son corps, son sexe, son désir, sa pudeur, sa vie ») et le mouvement qui en naît (« Tu me donnes cette envie de me lancer, les poings fermés, tête baissée, dans cette impudeur, cette façon de laisser le corps mou dans une chute qui n'a pas de fin »).
Pour dire cette intensité du sentiment amoureux, vingt-cinq interprètes seront sur scène pendant deux heures à la Maison de la Danse de Lyon. De la tendresse, bordel, il y en aura.
Pour son gala de Noël, l'Orchestre National de France et la Maîtrise de Radio Franceprennent leurs quartiers au Cirque d’Hiver. Les musiciens et le jeune chœur, accompagnés de la soprano Ida Falk Winland interpréteront un répertoire divers, mais joyeux, « de Vienne à Broadway ». D’un côté de l’Atlantique, une valse du compositeur austro-hongrois Franz Lehar, une sonate de l’allemand Max Reger, ou l’ode à la musique du français Chabrier, célèbrent le faste de l’Europe de la fin du XIXè siècle. Alors que le vieux continent se perd dans le désastre de la guerre, c’est l’Amérique qui prend le relais des airs joyeux au XXème siècle. Leroy Anderson, le nouveau maître de la musique orchestrale légère et sonfiddle-faddle, mais surtout Leonard Bernstein, son Candide, et l’air I feel pretty de West side story sont les meilleurs représentants de cette nouvelle Amérique ingénue, qui veut s’échapper de ses tracas dans les salles de Broadway.
Le gala sera dirigé par Sofi Jeannin, Mezzo-soprano suédoise à la tête de la maîtrise de Radio France depuis 2008, et chanteuse des London Voices.
C’est sa compatriote, la jeune soprano Ida Falk Winland qui interprétera les airs donnés ce soir. La suédoise, ancienne élève de la Benjamin Britten international opera school de Londres a un répertoire globalement plus classique puisqu’on y compte l’Eurydice d’Orphée, des récitals de Schubert, la Pamina de La flûte enchantée ou le Requiem de Brahms. Mais celle qui a également interprété la 6è symphonie de Philip Glass pour la BBC devrait enchanter aux côtés de la formation musicale de Radio France.



